


Anne Colombini, vous êtes membre de l’Association des Bénévoles auprès des requérants d’Asile de la Région de Lavaux (ABRAL). Pouvez-vous nous présenter votre groupe et son origine ?
L’association est née en 2012 de la volonté de structurer les initiatives bénévoles en faveur des personnes migrantes. À l’origine, de nombreuses actions existaient déjà, mais de manière informelle, souvent liées aux paroisses. L’idée était donc de créer une structure ouverte, non confessionnelle, pour mobiliser plus largement la société civile.
Qu’est-ce qui caractérise votre action aujourd’hui ?
Une grande souplesse. Nous fonctionnons avec un réseau de bénévoles qui s’engagent principalement de manière ponctuelle. Selon les besoins, les envies ou les projets, différentes personnes se mobilisent. Cela permet de rester réactifs et proches des besoins du terrain.
Quelles sont vos principales initiatives pour les bénéficiaires ?
Il y a des actions régulières, comme des cours de français hebdomadaires au foyer ou la tenue d’un vestiaire solidaire. Puis des actions ponctuelles, comme des sorties (cinéma, nature, pique-niques, musées, excursions) ou de l’accompagnement individuel selon les besoins (démarches, rendez-vous, soutien). L’idée est toujours de créer du lien et d’offrir des moments de répit.
Justement, pourquoi ces activités sont-elles importantes ?
Parce qu’elles sortent du cadre administratif. Les personnes migrantes sont souvent prises dans des démarches, des attentes et de l’incertitude. Nous, on propose autre chose : des moments simples, conviviaux et humains.
Pouvez-vous nous donner un exemple de projet marquant ?
Un grand projet artistique mené sur deux ans : la création d’un spectacle mêlant musique lyrique et témoignages de personnes en exil. Une vingtaine de participant·es, dont des personnes migrantes, des bénévoles et des artistes, y ont participé. Il y avait aussi des ateliers de couture pour les costumes et des répétitions régulières. Ce fut donc un vrai travail collectif. C’était une aventure humaine forte ! Les participant·es ont pris la parole, partagé leurs histoires et découvert un univers artistique totalement nouveau.
Comment naissent ce type d’initiatives ?
Souvent d’une rencontre ou d’une idée. Pour ce spectacle, tout est parti d’un rêve personnel de créer un chœur multiculturel. Puis une collaboration s’est construite avec l’association Exalon. Ensuite, il faut créer des ponts, mobiliser les participant·es et les accompagner.
Quel a été votre rôle dans ce projet ?
Faire le lien. Je ne suis ni artiste ni enseignante, mais j’accompagne les personnes. Je les ai recrutées, motivées, organisées et soutenues.
Au-delà des projets, quel est l’impact de votre engagement ?
Très concret. Parfois, il s’agit simplement d’organiser une sortie. D’autres fois, c’est accompagner une personne à un rendez-vous, soutenir une famille ou répondre à un besoin urgent.
Comment fonctionne votre réseau de bénévoles ?
Nous avons un vivier d’une vingtaine de personnes actives ponctuellement, avec quelques bénévoles très réguliers. Et un réseau plus large mobilisable pour du matériel, des dons ou des coups de main.
Quels sont vos projets pour la suite ?
Continuer. Il n’y a pas forcément de grand projet prévu, mais une volonté de maintenir ces actions qui créent du lien au quotidien. Puis peut-être, à nouveau, faire émerger des projets collectifs si les opportunités se présentent.

