
Marco Lapaire, vous êtes l’un des fondateurs du GAMEP. Pourriez-vous nous en dire plus sur ce groupe et nous expliquer le contexte dans lequel il a été créé?
Le GAMEP a été créé en 2014, suite à la reconversion d’un abri PC en foyer EVAM pouvant accueillir une trentaine de personnes migrantes. Des personnes ont souhaité se mobiliser pour faciliter leur intégration aux côtés de la population d’Epalinges. Le GAMEP a rapidement réuni des personnes motivées à enseigner le français et la « suissitude ». La commune et la Paroisse ont rapidement mis des salles à disposition, notamment grâce à l’implication de certains membres. Fin décembre 2015, un foyer a également ouvert à Chalet-à-Gobet et des bénévoles ont commencé à y donner des cours d’appui de français.
Aujourd’hui, plus de dix ans après la création du GAMEP, quelles sont vos activités régulières?
Nos activités principales sont les cours d’appui de français, que nous donnons au foyer des Terrasses à Epalinges et au foyer du Chalet-à-Gobet. Nous nous y rendons trois fois par semaine, pour enseigner et apporter un soutien dans les démarches administratives. Nous les aidons également parfois dans la recherche d’appartement, dans leur gestion de documents importants, etc. En plus de ces activités, plusieurs membres du GAMEP donnent des cours particuliers à domicile, plusieurs fois par semaine. Nous les encourageons aussi à participer à des activités organisées par la commune d’Epalinges (fitness, soirées de rencontres libres, les Estivales).
Les maîtres mots sont souplesse et adaptation, car la réalité et les besoins des personnes migrantes varient énormément.
Parmi les personnes que vous aidez, certains profils sont-ils plus représentés ?
Ce sont surtout des adultes, mais il y a également des familles et des enfants. Nous essayons de prendre la relève des cours donnés par l’EVAM, tout en offrant également un accès à l’apprentissage à des personnes qui n’ont pas nécessairement pu en bénéficier.
En plus des cours de français, organisez-vous d’autres activités ?
Chaque année, nous organisons deux sorties en bateau avec baignade à Vevey ou à Saint-Prex, participons à des courses populaires (20km de Lausanne, Christmas Run), organisons des matchs de football et de basket ainsi que des balades (comme celle à l’île aux oiseaux de Préverenges). En hiver, nous faisons généralement des excursions en luge et en raquettes. Nous proposons également des repas à la paroisse d’Epalinges. L’an passé, nous avons préparé un repas pour les résident·es des Geais ainsi que des apéritifs aux foyers de l’EVAM du Chalet-à-Gobet et à Chalet-à-Matthey.
Comment financez-vous ces projets ou comment les rendez-vous accessibles pour les bénéficiaires ?
L’association fonctionne avec les cotisations des membres à raison de CHF 30.- par année et quelques dons. Nous pouvons aussi compter sur l’engagement du réseau pour le prêt de matériel, notamment des raquettes de neige, ou pour louer des véhicules à un prix dérisoire. Par le passé, nous avons même organisé des vacances jusqu’au Tessin avec le concours du Mouvement jeunesse Suisse romande (MJS), sans demander de participation aux personnes migrantes.
À côté de ces activités et projets qui se sont pérennisés, avez-vous organisé d’autres évènements spontanés ?
En plus des activités régulières, nous avons organisé quelques autres évènements, notamment une course dans la forêt à Chalet-à-Matthey dont le but était de sensibiliser les jeunes au triage des déchets, une sortie patinage à Montchoisi ou encore des collectes d’habits.
Selon vous, quel est l’impact des activités qui ont été menées jusqu’aujourd’hui ?
L’impact est merveilleux, mais ces activités bénéficient surtout aux personnes qui veulent réellement en faire quelque chose. Nous avons parfois dû mettre des limites, car certaines personnes profitaient de notre présence pour faire leurs tâches administratives, mais cela reste marginal. En réalité, beaucoup de personnes que nous avons aidées et accompagnées reviennent nous remercier, encore des années plus tard. Dans le cadre de la semaine d’action contre le racisme, des familles sont venues spontanément proposer de participer à des activités.
Et pour finir, quels sont les projets futurs pour le GAMEP ?
Poursuivre nos activités, s’adapter aux besoins et trouver de nouveaux bénévoles prêts à s’investir et à s’engager dans la durée avec l’association.

