
Anne-Catherine Rohrbach, vous êtes présidente du Groupe d’Aide aux Réfugiés de Bex. Comment est né votre groupe de bénévoles ?
Notre association remonte à 1982. Elle a été créée à l’initiative de la commune, avec le soutien d’un pasteur et d’acteurs sociaux, au moment de l’arrivée des premières personnes réfugiées dans la région. Depuis, l’engagement n’a jamais cessé de grandir.
Quelles activités régulières mettez-vous en place ?
Chaque semaine, plusieurs ateliers sont proposés directement au foyer*: ateliers textile (couture, tricot, réparation de vêtements), ateliers peinture pour les enfants ainsi que des sessions de soutien et de conversation en français, entre autres.
Ces activités sont ouvertes et sans inscription, ce qui permet à chacun·e de venir librement selon ses disponibilités.
Vous avez aussi développé un projet appelé « La Ressourcerie ». De quoi s’agit-il ?
La Ressourcerie est née d’un besoin très concret : des dons de matériel (vélos, vaisselle, vêtements) que nous ne savions plus où stocker.
Aujourd’hui, c’est devenu un véritable lieu de vie. On y propose des objets à très bas prix, accessibles aux personnes de l’EVAM, mais aussi à d’autres publics en situation de précarité.
Au-delà de l’aide matérielle, quel rôle joue ce lieu ?
La Ressourcerie est surtout un espace de rencontre. Les gens viennent discuter, pratiquer le français ou encore demander conseil.
On y a justement lancé des ateliers de conversation en français, qui rencontrent beaucoup de succès !
Comment fonctionnent ces ateliers de français ?
Ce ne sont pas des cours formels, mais des espaces de pratique et d’échange. L’objectif est de permettre aux participant·es de s’exprimer, rencontrer du monde et gagner en confiance.
Plusieurs groupes existent selon les niveaux. Ils rassemblent aussi bien des personnes qui vivent au sein du foyer que des personnes vivant seuls en appartement.
Organisez-vous également des événements ponctuels ?
Oui, plusieurs moments forts rythment l’année : une fête d’été, en partenariat avec les résident·es et les collaborateur·trices du foyer, une fête de Noël et des sorties hebdomadaires durant l’été : balades, activités en plein air, sorties culturelles.
Comment naissent vos initiatives ?
Certaines proviennent des bénévoles, d’autres de besoins identifiés sur le terrain ou en collaboration avec les assistant·es sociaux·ales.
C’est un processus très flexible : on teste, on adapte, on fait évoluer les projets selon les retours.
Quel est l’impact de ces actions sur les bénéficiaires ?
La participation varie, mais ces activités répondent à des besoins bien réels. Au-delà de l’aide concrète, elles permettent surtout de rompre l’isolement, de créer du lien social et d’offrir des espaces d’expression.
Quels sont vos défis aujourd’hui ?
Le principal défi est de maintenir toutes ces activités dans la durée. Cela demande beaucoup d’énergie et d’engagement de la part des bénévoles.
Et pour la suite ?
Pour l’instant, l’objectif est de consolider les projets existants. Nous cherchons aussi régulièrement de nouveaux bénévoles pour poursuivre et développer ces initiatives.
*Structure d’hébergement collectif de l’EVAM à Bex