Portraits de migrants

Ces photographies ont été réalisées par Hugues Siegenthaler, courant avril 2011.

Elles montrent des personnes assistées par l'EVAM dans leur environnement quotidien (foyer d'hébergement ou mesure d'intégration), ainsi que la diversité des origines, des situations vécues et des sentiments ressentis.

Les témoignages ont été recueillis par Brigitte Trolliet Mégroz, responsable de la Cellule d'orientation de l'EVAM, et Emmanuelle Marendaz Colle, chargée de communication.

Une sélection de ces portraits figure dans le rapport d'activité 2010 de l'EVAM.

 

 

Abu Ernest, Malawi

Depuis que je suis en Suisse je n’ai vécu que dans un abri de protection civile. L’air manque, je ne peux pas respirer. Je voudrais rentrer chez moi mais la Suisse m’a refusé l’aide au retour car j'ai un casier.

 

 

 

 

 

 

Mamadou Barry, Côte d'Ivoire

Avant je travaillais; j'avais mon livret postal bien rempli, tout était organisé. Je suis capable de faire plein de choses, mais je n'en ai pas le droit. L'aide d'urgence, c'est fait pour nous enfermer: libérez-nous!

 

 

 

Bibiche Elese Boneye, République démocratique du Congo

Je veux apprendre quelque chose. Peut-être qu’un jour j’ouvrirai un restaurant. Le reste du temps, je chante, j’ai même sorti un disque, des gospels religieux.

 

 

 

 

 

 

David Fetidze, Georgie

Je me sens à 50% intégré; j'ai un travail, des amis, je connais beaucoup de monde ici. Je parle bien français, mais pas suffisamment pour raconter ma vie. Et il me manque quelqu'un pour les dimanches.

 

 

 

Fatmir Krasniqi, Albanie

L'aide d'urgence, c'est mieux que rien, mieux que la rue, la clandestinité ou le renvoi dans mon pays. Je n'ai pas de chance, mais j'ai la chance d'être en vie. L'aide d'urgence, c'est faire des efforts.

 

 


Oussougoua Hubert Yigo, Burkina Faso

Je trouve qu'on n'exploite pas suffisamment les potentialités des migrants. Il faut absolument faciliter leur accès au travail, car le travail est un devoir social pour nous tous. Chacun a en lui de la bonne volonté, des aptitudes, des compétences et il faut que les migrants soient contribuables et non plus nécessiteux.

 

 

 

 

Shawn Wakida, Ouganda

L'aide d'urgence c'est un système fait pour compliquer la vie des personnes pour qu'elles quittent la Suisse, et pourtant nous restons, mais c'est difficile. La pression des courriers réguliers de l'Office fédéral des migrations me stresse, m'empêche de dormir.

 

 

 

 

John Omar, Soudan

Ici les gens se disputent pour n’importe quoi. Je préfère rester dans mon coin mais je n’ose pas sortir bien loin, j’ai peur de me faire attraper dans le bus sans argent.

 

 

 

 

 

Luis Momo Bomaho, Guinée

On ne vient pas ici seulement pour manger et dormir. Je pense à travailler, je veux travailler pour mes lendemains, sinon je vais devenir fou. Je veux apprendre et attendre le résultat.

 

 

 

 

Sara Hoseyni, Afghanistan

C’est difficile de vivre en foyer. On ne se comprend pas bien, on doit tout partager, même les toilettes. Ca fait plus d’une année. J’en ai marre.

 

 

 

 

Mahamed Musse Hassan, Somalie

J'habite dans une petite ville, et ce qui m'aide à m'intégrer, c'est une association qui organise des promenades, des repas, des visites de la région. Beaucoup d'étrangers et de Suisses participent à ces activités; cela nous permet, à ma femme et à moi, d'avoir l'occasion de parler en français, de discuter et d'apprendre.

 

 

 

 

Mesfin Woldiy, Ethiopie

Ma femme et moi étions en danger chez nous. Maintenant je suis en danger ici, à l'aide d'urgence depuis une semaine...

 

 

 

 

 

 

 

Marc Abanda, Cameroun

Ma motivation, c’est d’être occupé. Sinon je sors pour courir dans la forêt. Ca me permet d’évacuer le stress. Les images du pays ne s’évaporent pas…

 

 

 

 

Nasuf Biljibani, Kosovo

J’aide les autres avec les maths et l’informatique. J’ai fait plus de 40 offres d’emploi, mais rien n’a marché. Je me sens comme un vieux à la retraite.

 

 

 

 

 

Saba Tesfemarian, Erythrée

Je suis les cours de français et fais des traductions pour l’EVAM, de l’anglais vers le tigrinya, l’amharique et l’arabe. Je participe aussi aux nettoyages.

 

 

 

 

 

 

Samson Yonma, Nigeria

Où que je me tourne je sens la respiration des autres. On m’avait dit qu’en Suisse j’aurais une meilleure vie. J’ai été tellement surpris de me retrouver sous terre.

 

 

 

Solomon Berhedine, Erythrée

Ici, je suis bien, tout est tranquille. Mais souvent je pense à mes enfants au pays, élevés par ma belle-mère; je ne les ai pas vus depuis cinq ans. Un travail puis un permis me permettraient de les revoir.

 

 

 

 

 

 

Sevad Husejnovic, Bosnie

L’intégration, c’est: un, parler le français, deux, travailler, trois, se marier. Pour ça il faut lire, lire, lire, regarder, écouter…

 

 

 

 

 

Vinotheepan Naganathapillai, Sri Lanka

En Suisse les choses sont claires: les règles de circulation, les papiers officiels, les horaires de travail. J’apprécie cela. J’espère devenir chauffeur de taxi.