Nabila et Omid, de mineurs non accompagnés à porteurs de la flamme olympique de la jeunesse

Découvrez l’histoire poignante de deux jeunes participants de la République des sports – projet inspiré de l’Esprit de Lausanne 2020.

Omid Alizada, né en août 2001 en Afghanistan

Omid a grandi avec sa petite sœur dans un village afghan et a dû très jeune déjà se mettre à travailler pour soutenir sa famille (travaux aux champs et au marché). Menacée, la famille quitte l’Afghanistan et fuit en direction de l’Iran puis de la Turquie. Après les étapes très rudes d’un périple à travers la Turquie, c’est lors d’un contrôle de police que Omid, caché par des passeurs dans une voiture, parvient à rejoindre la Grèce, alors que sa maman et sa petite sœur sont arrêtées puis renvoyées en Afghanistan. Arrivé en Suisse en été 2017, via l’Italie, Omid rejoint d’abord le centre d’accueil de Vallorbe puis est dirigé vers le centre pour mineurs non-accompagnés à Chamby (sur les hauts de Montreux). Depuis quelques mois, il réside dans une famille d’accueil à la Tour de Peilz. Aujourd’hui encore, Omid tente d’envoyer le petit peu d’argent qu’il parvient à mettre de côté pour aider sa maman à se soigner.

Omid étudie le Français à l’Ecole de transition à Morges. D’abord sans réel projet professionnel, sa famille d’accueil lui conseille un métier dans la santé. Après un premier stage, Omid rêve aujourd’hui d’entamer un apprentissage comme Assistant en soins et santé communautaire, si possible au CHUV.

Après avoir entendu parler du projet de République des Sports dès ses débuts, lors d’une visite de présentation au foyer EVAM de Chamby, Omid participe à une initiation au tir à l’arc en juin 2019. « Comme j’ai trop aimé ce sport, j’ai ensuite participé aux sessions de judo, korfball, curling et volleyball.  Ça me fait un bien fou, car je rencontre de nouvelles personnes et ça me fait découvrir plein de sports que je ne connaissais pas ! Devenir bénévole lors des JOJ de Lausanne 2020 est une chance pour moi de redonner un peu à la communauté qui m’accueille. Et porter aujourd’hui la flamme olympique de la jeunesse est un honneur qui me laisse sans voix ». 

 

Nabila Furmuly, née à Kaboul en juillet 2001

Nabila est la 4ème d’une fratrie de 6 enfants. Son père travaillait au ministère de l’intérieur afghan mais les Talibans menacent et exercent un chantage sur la famille. Un danger et une menace permanente poussent la famille à quitter l’Afghanistan, ensemble, par le Pakistan puis en direction de l’Iran. Des passeurs séparent la famille dans deux véhicules mais un seul passe en Iran, celui de Nabila, sa maman et deux de ses frères et sœurs. Son père et ses autres frères et sœurs sont renvoyés en Afghanistan. Ils vivent désormais au Pakistan. Nabila poursuit son périple par la Turquie, puis la Grèce. Elle s’y fait même arrêter et passe quelques jours en prison, les pires souvenirs de sa fuite.

D’Athènes, elle parvient à rejoindre Paris (après 3 tentatives) le jour de son 17ème anniversaire, puis arrive en Suisse, à Zürich d’abord, où elle reste environ 5 mois. Arrivée ensuite en région lausannoise, Nabila trouve le temps long et s’ennuie ; elle ne connaît pas un mot de Français ! Elle suit des cours de Français à l’école de transition, puis c’est son assistante sociale qui lui parle de la République des Sports. Elle rejoint le projet lors d’une initiation au judo en automne 2019 et c’est le coup de foudre : elle intègre alors le club du Mikami et s’y entraîne depuis jusqu’à 4 fois par semaine, se faisant ainsi de nouveaux amis et perfectionnant son Français. « La pratique du judo me donne beaucoup d’énergie, c’est un vrai bol d’air frais dans ma vie ! J’y ai rencontré des gens super accueillants. Me retrouver ici à Lausanne aujourd’hui comme porteuse de la flamme olympique m’inspire énormément car les valeurs portées par l’olympisme n’ont pas de frontières, ni politiques, ni culturelles. Merci à la Capitale olympique et à la République des Sports qui me permettent ce rêve un peu fou, avant que je ne puisse travailler dès aujourd’hui comme bénévole lors de ces Jeux ».

Malgré les difficultés d’accès à l’éducation pour les filles en Afghanistan, Nabila a eu la chance de suivre une scolarité normale et maîtrise très bien l’Anglais. Toujours intéressée par le sport lorsqu’elle était en Afghanistan, Nabila n’y avait malheureusement pas ou très peu accès.

Concernant ses projets en Suisse, Nabila ambitionne, une fois son Français mis à niveau, de trouver une place d’apprentissage, puis, une fois le CFC et une matu en poche, rêve de travailler et de rejoindre l’université, pourquoi pas en sciences sociales ou dans le domaine des droits humains et des droits de l’enfance… pour, un jour peut-être, améliorer le quotidien de jeunes en situation de vulnérabilité, comme elle a pu l’être ces dernières années.


Auteur-e: Evi Kassimidis
Date: mardi, 14 janvier 2020
Catégorie: Mineurs non accompagnés, Partenaires