Quatre filles et un premier rendez-vous autour d’un calendrier de l’Avent inversé

Une maman de Denens-sur-Morges a proposé à ses filles de donner des objets durant la période de l’Avent. Des jeunes filles syriennes du même âge récemment arrivées dans le canton avec leur famille se sont réjouies à l’idée de recevoir la boîte à cadeaux. Une belle aventure humaine.

Prévue pour le mercredi 20 décembre, la rencontre avait dû être reportée. Ellyn, 6 ans, était malade et la maman avait dû temporiser les ardeurs de Maëva, l’ainée de 8 ans, qui trépignait de prendre la route pour Gryon.

Durant la période de l’Avent, les sœurs avaient déposé dans une boîte des objets qu’elles destinaient à deux filles syriennes partageant avec elles au moins deux points communs: elles étaient sœurs et avaient leur âge. Pour atténuer la déception, Sandra, la maman, avait envoyé à l’assistante sociale du foyer une photo de la boîte. L’image avait provoqué chez Rimas et Inas des cris de joie.

Timidité vite estompée
C’est dire si le rendez-vous du 5 janvier 2018 était attendu ! L’émotion était grande lorsque la voiture de la famille de Denens-sur-Morges s’est immobilisée vers 14 heures devant le foyer EVAM.
La famille syrienne avait dressé une table bien garnie, d’autant plus que ce jour coïncidait avec l’anniversaire d’Inas, la benjamine. La timidité s’est progressivement estompée et les nombreux cadeaux ont été découverts l’un après l’autre.

Maëva a réalisé un cadeau personnel pour sa contemporaine: «J’ai fabriqué un petit livre avec la papeterie reçue à mon anniversaire. J’ai rempli une trousse de crayons et stylos. Rimas pourra écrire et dessiner.» De la boîte profonde sont aussi sortis des barrettes, des serre-têtes, des sacs à mains et des tatouages. Des puzzles et une barbie. Des autocollants, des bonbons et des chocolats. Ellyn confie: «J’ai réussi à donner les livres de Tschoupi que j’adore.»

Jouer au loup: le meilleur moment
Aux frères ainés de la fratrie syrienne, la famille suisse a offert ballons de foot, skate bord et luge assiette. Sans oublier les douceurs. Et c’est en chanson, en arabe et en français, qu’ils ont tous souhaité un bel anniversaire à Inas devant ses 6 bougies. Maëva est enthousiaste: «Le gâteau fait par la maman était trop bon ! Nous avons aussi joué au loup dans la cour. J’ai expliqué en faisant des gestes et les enfants ont tout de suite compris.» Pour les jeunes vaudoises, c’était «le meilleur moment», avec la visite de la chambre de la famille et du foyer.

Les parents ont pu converser grâce à Mohamed, l’intendant, qui parle l’arabe. La famille se sent bien en Suisse. Elle trouve tout ce qu’il lui faut pour préparer sa nourriture. Le plus compliqué, ce sont les courses car le foyer se trouve à l’écart. La famille a passé quatre ans dans un camp au Liban. Le père a le sentiment d’y «être resté 80 années».

Doublement plaisir
Lorsque Sandra a remercié pour l’accueil chaleureux, la famille de réfugiés a répondu émue que cette visite leur a fait «doublement plaisir». Ils n’avaient jamais imaginé trouver en Suisse un tel soutien.

Les quatre filles s’écriront et s’enverront des dessins. Les parents syriens sont très motivés pour apprendre la langue: «A notre prochaine rencontre, nous parlerons le français !» Et puisqu’ils resteront dans le canton de Vaud, Sandra n’hésitera pas à «aller les retrouver, où qu’ils soient». 

Sur le chemin du retour, les filles sont excitées. Maëva trouvait qu’elle s’entendait «trop bien» avec les jeunes syriennes. A l’école, elle a abordé les droits des enfants et elle parlera de cette rencontre à sa maîtresse. Ellyn peut être fière: elle a réussi à donner, un geste encore difficile pour elle. Sandra a été surprise de l’accueil et des sourires. Oui, ils étaient tous tellement souriants… Elle est aussi ravie. Son idée a abouti à une si belle rencontre!

 

Evi Kassimidis
Chargée de communication


Auteur-e: Evi KASSIMIDIS
Date: mercredi, 24 janvier 2018
Catégorie: Secteur Est, Secteur Ouest