Séance d’information publique mouvementée à Gland

Environ 500 habitants se sont rendus à l’assemblée publique destinée à les informer de l’ouverture le 30 mai prochain d’un abri de protection civile pour l’hébergement de demandeurs d’asile. Organisée par la commune, l’EVAM, le Département de l’intérieur et la Police cantonale, la réunion a largement donné la parole aux opposants.

Une salle comble, des pétitionnaires très remontés et des habitants unanimes contre l’accueil prochain de 50 migrants sous l’école des Perrerets, l’ambiance était assez électrique lundi 16 mai de 20h30 à 22h30 au Centre communal de Montoly. En accueillant le public, le syndic Gérald Cretegny a confirmé que la Ville de Gland ne ferait pas recours contre la réquisition de l’abri par le canton et se mettrait à rechercher très vite un terrain à proposer à l’EVAM pour une construction hors-sol, ainsi qu’une solution pour une structure de jour à offrir aux migrants logés dans l’abri.

Deux représentants des pétitionnaires, qui ont récolté plus de 1200 signatures en quelques jours, se sont ensuite employés à démontrer à quel point les requérants d’asile sont associés à la délinquance et au trafic de drogue, extraits d’articles de presse à l’appui.

Puis le conseiller d’Etat en charge du Département de l’intérieur, Philippe Leuba, et le directeur de l’EVAM, Pierre Imhof, ont expliqué les raisons du recours à l’abri de Gland, dicté par l’afflux actuel de migrants et la sous-représentation de la Côte dans l’accueil de demandeurs d'asile. Le dispositif mis en place par l’EVAM pour encadrer ces cinquante hommes seuls a également été détaillé par le directeur. Leur présentation est disponible en ligne.

Enfin le commandant de la Gendarmerie, le major Olivier Botteron, a assuré la population que les forces de l’ordre seraient en augmentation aux abords de l’abri et dans la ville de Gland, avec des opérations ciblées en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants.

Toutes ces assurances n’ont que très peu contenté la population glandoise, dont beaucoup de parents d’élèves de l’école primaire où se trouve l’abri. Allant jusqu’à invoquer la Convention internationale des droits de l’enfant, qui garantit un cadre sûr pour les mineurs, ces habitants semblent persuadés que les migrants s’en prendront naturellement aux jeunes élèves.

Une seule voix s’est élevée dans la salle pour demander à ses concitoyens « Mais de quoi avez-vous peur, exactement ? » Cette question a eu beaucoup moins de succès que l’envolée finale d’André Corboz, ancien conseiller communal UDC de Bex, condamné en 2007 pour tags racistes, et qui n’a pas hésité, lors de l’assemblée de Gland, à traiter Philippe Leuba et Pierre Imhof de « menteurs », au plus grand plaisir de la salle…

Comme à Lausanne il y a trois mois lors de l’ouverture de l’abri de Coteau-Fleuri, les peurs émotionnelles dominent le débat sur l’accueil des migrants près d’une école. Or, depuis la manifestation d’habitants du quartier à la veille de l’arrivée des résidents de l’abri lausannois, pas une seule plainte n’a émané du voisinage ou des parents d’élèves. Un groupe de contact se réunit une fois par mois avec leurs représentants, formule qui sera également mise en place à Gland, afin de garantir le dialogue et agir en cas de problème.


Auteur-e: EME
Date: mardi, 17 mai 2011
Catégorie: Actualités générales, Encadrement, Hébergement, Partenaires, Sites, Secteur Nord et Ouest, Répartition