L’UDC accuse l’EVAM d’attribuer ses logements à des migrants…

Une publicité pour la nouvelle initiative intitulée « Stopper l’immigration massive » mentionne l’EVAM en faisant plusieurs erreurs de fond et de forme.

"Les requérants d’asile chassent les Suisses", indique un pamphlet de l’Union démocratique du centre (UDC) paru à la mi-août 2011 dans plusieurs journaux romands. Il mentionne notamment que "l’Etablissement vaudois d’accueil aux migrants (EVAM) a donné le congé à 30 locataires le 24 décembre 2010 afin que leurs logements puissent recevoir des requérants trois mois plus tard."

Cette affirmation appelle plusieurs rectifications. L’Etablissement vaudois d’accueil des migrants héberge une population qui, comme son nom l’indique, n’est pas suisse, comme le veut la loi fédérale sur l’asile (LAsi) et la loi cantonale sur l’aide aux requérants d’asile et à certaines catégories d’étrangers (LARA). Sur plus de 700'000 habitants dans le canton, l’EVAM ne s’occupe que de 4500 personnes, dont certaines sont logées dans des abris de protection civile faute de place…

Fin décembre 2008, et non pas en 2010 comme le stipule l’UDC, l’EVAM a résilié une série de baux à des personnes non requérantes - suisses ET étrangères - qui habitaient dans des immeubles acquis dans les années 90 par l’ex-Fondation vaudoise pour l’accueil des requérants d’asile (Fareas). Début 2009, l’EVAM a résilié une deuxième série de ces baux. En tout l’établissement a ainsi mis fin à 27 baux, une mesure parmi de nombreuses autres pour éviter que certains bénéficiaires de l’EVAM se retrouvent à l’hôtel aux frais du contribuable…

Sur les 27 baux résiliés, 16 locataires ont obtenu des prolongations, 9 sont partis à l’échéance et 2 ont obtenu une annulation. Une mère de famille enceinte avec enfants en bas âge a ainsi gagné quatre années de délai supplémentaire. Dans les deux cas où les locataires ont finalement pu conserver leur logement, il s’agissait de personnes âgées vivant de longue date dans l’appartement.

Il est donc faux de déclarer, comme l’UDC l’avance, que "les requérants d’asile chassent les locataires de longue durée – parmi lesquels de nombreux Suisses". L’UDC aurait dû vérifier ses allégations, ce qui lui aurait évité de donner des dates fantaisistes et des informations erronées dans la presse suisse.


Auteur-e: EME
Date: jeudi, 18 août 2011
Catégorie: Actualités générales, Hébergement, Revue de presse