Ouverture de l'abri PCi Pully La Damataire : une séance d’information publique animée

La Maison Pulliérane a accueilli le 23 janvier 2012 à 18h30 la séance d'information publique concernant l’hébergement des migrants sur sol communal. Les autorités cantonales, communales, la gendarmerie ainsi que l'EVAM étaient présents afin de répondre aux questions de la population. Récit d’une soirée animée.

Gil Reichen s’adresse à une salle communale comble. En sa qualité de syndic, il accueille les Pulliérans pour une séance d’information sur l’hébergement d’une cinquantaine de migrants. Responsable du secteur Lausanne de l'EVAM, Pascal Rochat expose les raisons de cette ouverture, l’organisation et l’encadrement des résidents de l’abri PCi de la Damataire.

De fait, la Suisse doit faire face depuis 2011 à une augmentation conséquente des arrivées (+45% par rapport à 2010). Devant la nécessité de trouver des solutions d’hébergement, l’EVAM est contraint d’ouvrir des abris PC. La solution n’est de loin pas idéale mais il y a urgence.

Laurent Bonnard, journaliste, ouvre le débat qui démarre en force. Les préoccupations convergent autour des délits, de la sécurité et la politique d’accueil des migrants.

Le syndic de Pully relève que « l'accueil des migrants ne figure dans aucun programme de législature. La commune de Pully a souhaité faire preuve d'une certaine solidarité entre communes. Elle a choisi la voie de la collaboration avec le Conseil d'Etat ». Philippe Leuba renchérit : « C’est une politique difficile. Mon devoir, c'est que les choses se passent bien. Je ne fais pas ce que je veux mais ce que je dois ». Il souligne au passage que le canton de Vaud possède le taux d'expulsion des étrangers ayant commis des délits le plus élevé de Suisse. 

Face à un discours parfois très généralisant sur la délinquance des requérants d’asile, l’élu cantonal intervient à de nombreuses reprises : « Il y a des délinquants ; j’en mets dans les avions tous les jours. Il y a les réfugiés économiques ; nous les renvoyons. Il y a aussi des personnes qui méritent l’asile et il faut alors leur donner la possibilité de se reconstruire ». Et le responsable du Département de l’Economie de conclure en évoquant le suivi précis effectué par la gendarmerie sur les 4 abris PC ouverts par l’EVAM en 2011 pour loger des requérants. Constat : il n’y a pas de délinquance supplémentaire.

Martial Lambert, conseiller municipal en charge de la sécurité publique, vient également rassurer la population en annonçant une augmentation de la présence policière préventive autour de l’abri PC qui jouxte la commune de Paudex.

Le travail des migrants constitue aussi un sujet porteur. Une occasion de rappeler que le requérant d’asile peut être embauché tant qu’il est en procédure. Lorsqu’il est débouté, la loi ne lui permet plus de travailler. Une conseillère communale propose d’orchestrer le nettoyage de tous les tags et graffitis qui enlaidissent les murs de la commune. A ce sujet, le directeur de l’EVAM, Pierre Imhof, rappelle le succès des programmes d’utilité publique mais aussi le nécessaire encadrement qui les accompagnent : « La liste d’attente est plus grande que les travaux que l’on peut proposer. »

Après plus d’une heure et demie d’échanges fournis, le mot de la fin appartient au syndic. Il rappelle que la convention d’exploitation de l’abri PCi est signée pour une année, renouvelable de trois mois en trois mois. Il souhaite que la collaboration avec l’EVAM dure le temps qu’elle sera nécessaire…avant d’inviter la salle à partager le verre de l’amitié.


Auteur-e: Evi Kassimidis
Date: jeudi, 26 janvier 2012
Catégorie: Actualités générales, Hébergement, Secteur Lausanne, Partenaires