L’EVAM adapte ses prestations repas aux horaires du Ramadan

Afin de permettre à ses bénéficiaires musulmans de respecter le jeûne, l’établissement organise un deuxième service après le coucher du soleil pour les personnes qui le désirent dans les foyers d’aide d’urgence et les abris de protection civile. En été, les journées sont longues et la tension est palpable.

En 2011, le jeûne du Ramadan a démarré le 1er août et comme chaque année, l’EVAM fait de son mieux pour arranger les fidèles qui désirent ne manger qu’à la tombée de la nuit. Dans la plupart des foyers, les migrants organisent eux-mêmes leurs repas grâce à leur assistance financière et aux cuisines collectives mises à leur disposition. Mais dans les deux centres d’aide d’urgence de Vennes et Vevey ainsi que dans les abris antiatomiques de Nyon, Gland, Coteau-Fleuri (Lausanne) et du Mont-sur-Lausanne, cette prestation est assurée en nature. Un deuxième service est donc proposé le soir, nécessitant une grande souplesse du côté du programme d’occupation cuisine chargé de délivrer les repas.

"Les horaires sont modifiés chaque semaine pour s’adapter à l’avancement du coucher du soleil, car après une journée sans boire ni manger, les gens sont tendus et nerveux", avance Philippe Borgeaud, responsable de l’entité Surveillance. Dans les abris, les surveillants autorisent également les résidents à consommer leur propre nourriture pendant la nuit, ce qui n’est pas toléré le reste de l’année pour éviter que des restes traînent et provoquent des problèmes d’hygiène.

Le matin par contre, aucun service de petit-déjeuner n’est offert avant le lever du soleil, sauf au foyer pour mineurs non accompagnés, où les éducateurs préparent le nécessaire le soir afin que le veilleur de nuit puisse servir les jeunes avant l’aube. Quinze adolescents sur la trentaine hébergés dans ce foyer de Lausanne se sont inscrits pour profiter de cette possibilité.

Au Centre de formation de l’EVAM à Ecublens, où le repas de midi est servi aux élèves requérants d’asile contre une retenue de 4 franc par jour sur leur assistance financière, environ la moitié des participants aux cours ont renoncé à manger à la cantine. Les éducateurs du centre sont passés dans les classes avant le début du Ramadan pour les informer que l’argent leur serait recrédité avec le prochain décompte d’assistance.

Le mois du Ramadan avançant, les choses reprennent peu à peu leur cours normal. "L’an dernier, sur une cinquantaine de personnes inscrites pour le seul abri de Nyon, seuls 4 ou 5 ont tenu jusqu’au bout," se rappelle Philippe Borgeaud. D’autres renoncent à commander les repas tardifs de l’EVAM car la viande n’est pas halal. Ils préfèrent manger à la mosquée, qui distribue aussi de la nourriture.

Mais même si cette prestation ne concerne à la fin plus que quelques personnes par structure, elle reste importante. Comme le souligne Cécile Ehrensperger, responsable du secteur Nord et Ouest de l’EVAM, "les gens sont sensibles à cette marque de respect de leurs coutumes. Si nous ne le faisions pas, il y aurait sans aucun doute des réactions".


Auteur-e: EME
Date: mercredi, 17 août 2011
Catégorie: Aide d'urgence, Hébergement, Encadrement