Rencontres, échanges et émotion lors de la journée des bénévoles
Le partage d’expériences était au cœur d’une journée de conférences et d’ateliers organisée par l’EVAM le 9 octobre 2010 à Lausanne à l’intention du réseau de particuliers et d’associations qui s’impliquent bénévolement aux côtés des migrants.
"Gardez votre indépendance!" a été le message du directeur de l’EVAM à la trentaine de bénévoles actifs dans le domaine de l’asile, présents le samedi 9 octobre 2010 à la Maison de la Femme à Lausanne pour une journée d’échanges avec les responsables de secteurs de l’EVAM, interlocuteurs des partenaires sur le terrain. Dans son allocution de bienvenue, Pierre Imhof a souligné le rôle essentiel des acteurs privés et non institutionnels dans l’accueil et la défense des migrants, et insisté sur l’utilité de leurs critiques face au système.
Une voix bien connue s’est alors élevée dans la salle, celle de Pascal Bernheim, chroniqueur à la Radio suisse romande et spécialiste du politiquement incorrect. Après quelques répliques aigres-douces entre le directeur et ce contradicteur, le public fut invité à chanter en chœur une reprise de "La dame patronnesse" de Jacques Brel revisitée à la mode Bernheim.
Venus de Ste-Croix, Bex, Lausanne, Nyon, Coppet, Vevey, Montreux, Yverdon-les-Bains, Leysin, ou encore l’Ouest lausannois, les participants à la journée ont ensuite assisté à une conférence donnée par Florence Rouiller, juriste souvent sollicitée pour la défense des requérants d’asile. Ce fut l’occasion de constater à quel point les personnes bénévoles sont au fait des procédures d’asile, et qu’une juriste même spécialisée n’a pas réponse à tout dans ce domaine…
Puis l’association EDEA, composée essentiellement de Nigérians, est venue présenter ses activités destinées à lutter contre la délinquance des migrants. L’équipe a montré des extraits d’un film qu’elle a réalisé en été 2010 sur l’engrenage et les conséquences du trafic de drogue, fiction tournée avec des acteurs amateurs eux-mêmes souvent issus de la rue.
Le repas de midi avait été préparé par le Programme d’occupation Cuisine de l’EVAM, qui forme une trentaine de requérants d’asile aux métiers de la restauration, une filière reconnue par Gastrovaud et qui prépare au quotidien les repas servis tant au Centre de formation de l’EVAM que dans les deux foyers d’aide d’urgence pour célibataires ainsi qu’au foyer pour mineurs non accompagnés.
L’après-midi fut consacré à des travaux en groupe, les participants étant appelés à restituer par différents moyens d’expression des expériences vécues auprès des migrants. Leurs dessins, textes et discours ont montré la diversité et la richesse des actions menées par le réseau bénévole dans les structures de l’EVAM ou en dehors.
Beaucoup de liens se créent en effet lors des "cafés-contacts" organisés par ces diverses associations dans les foyers ou les antennes de l’établissement, mais l’attachement se poursuit souvent bien au-delà. Les bénévoles portent parfois à bout de bras des migrants empêtrés dans des procédures administratives inextricables, aide sans laquelle certaines régularisations n’auraient sûrement pas eu lieu. Et les bénévoles restent dans bien des cas les derniers soutiens, comme pour Babak, requérant d’asile iranien dont le parcours en Suisse avait fait l’objet d’un reportage de la Télévision suisse romande : expulsé en Italie, il n’a pas été abandonné par ses amis de Nyon, qui financent aujourd’hui son hébergement dans la péninsule.
Au terme de la journée, Pascal Berheim déclarait : "J’étais venu pour faire le guignol, mais je suis si ému que n’ai plus envie de rire…"
Auteur-e: EME
Date: jeudi, 14 octobre 2010
Catégorie: Partenaires, Actualités générales



