Les requérants hébergés à Nyon goûtent à une nouvelle cuisine

Un programme d’occupation a commencé lundi 1er mars 2010 à délivrer les trois repas quotidiens à l’abri PC. Les quantités et la qualité de la nourriture servie ont séduit les résidents.

"Quand je vois des sourires, ça me donne envie de faire encore mieux", observe David Bersot, chef du Programme d'occupation Cuisine de l'EVAM. Le petit déjeuner vient de se terminer dans les sous-sols de l’abri nyonnais, et la centaine d’hommes hébergés par l’EVAM ont fait honneur au pain frais. Alors que jusqu’à présent le petit-déjeuner était servi par un traiteur local dans un sac en plastique préparé la veille et contenant également le pique-nique de midi, la nouvelle formule instaurée par le PO mise sur la fraîcheur et la convivialité. "Ce matin, avec la nourriture dressée sur les tables, le réfectoire était un véritable espace de vie", constate, heureux, Pierre Fellrath, nouvel encadrant cuisine itinérant.

Après avoir rangé la salle, Fiti et Abdul, les participants au programme d’activité chargés de préparer le repas de midi, s’affairent à remplir les sandwiches, une demi-baguette croustillante garnie de tomates/mozarella ou de mousse de thon. Huit hommes ont été engagés pour assurer les services du matin et du soir, week-end compris, à coups de 20 heures maximum par semaine. Avant il ne fallait que deux personnes, puisque le service du soir et la préparation des sandwiches étaient assurés par le traiteur.

A 11 heures, la distribution commence, orchestrée par le chef en personne. Malgré la taille volumineuse des sandwiches, le changement n’est pas du goût de chacun, car la nouvelle organisation empêche les résidents de partir le matin avec les deux premiers repas de la journée emballés dans un sac. La moitié seulement des hommes hébergés se présente pour le repas de midi, un taux similaire aux deux foyers d’aide d’urgence de Vennes et de Vevey. Mais les présents font vite savoir qu’ils apprécient la qualité servie : "C’est très bon", "c’est mieux", approuvent Marc et Mamadou. Quelques-uns décident de chauffer l’affaire au micro-ondes… Tant pis pour les puristes !

"Il faudra garder des sandwiches pour les personnes qui suivent les cours de français des bénévoles à la structure de jour", avertit Carole Guignet, l’assistante sociale. Selon elle, c’est le seul point négatif de la nouvelle organisation, "car sinon les gens sont conscients que la qualité va augmenter". "Les changements d’horaires et de fonctionnement ont été expliqués vendredi passé lors d’une assemblée de maison", souligne Denis Jaccard, l’intendant, content de pouvoir donner davantage de travail aux résidents.

Midi, le rideau métallique se referme. Paul Reymond respire. Le responsable de l’entité Intégration et développement s’était préparé au pire : "Nous avons élaboré toutes sortes de scénarios en cas de problème." Et les pépins techniques n’ont pas manqué, entre les fusibles qui sautent à gauche et à droite et le camion frigorifique qui est tombé en panne juste avant le week-end. Mais le responsable est confiant pour la suite. Il restera jusqu’en fin de journée pour assister au service du soir. Au menu : sauté de bœuf, légumes et pommes croquettes, en plus du traditionnel riz. "Ils vont être surpris par les quantités", se réjouit David Bersot.


Auteur-e: EME
Date: lundi, 01 mars 2010
Catégorie: Formation, Occupation, Secteur Nord et Ouest, Sites