Le canton de Vaud publie une évaluation des mesures d'intégration

L'Université de Neuchâtel et l'Idheap ont passé à la loupe les prestations destinées à soutenir l'intégration des personnes au bénéfice d'une admission provisoire. Cette réflexion s'est poursuivie dans un collogue organisé par l'EVAM.

Une évaluation des mesures d'intégration organisées en grande partie par l'EVAM a été commandée par le Conseil d'Etat vaudois pour analyser l'impact des prestations offertes en 2008 aux personnes détentrices d'un livret F.

Ce rapport est maintenant disponible sur les pages internet du Bureau cantonal pour l'intégration.

Afin de tirer partie des recommandations de ce rapport, l'EVAM a organisé le 29 janvier 2010 à l'Idheap un colloque avec l’ensemble des acteurs concernés, que ce soit au niveau interne ou dans des services de l’Etat, afin de débattre de l’amélioration du dispositif d’intégration des bénéficiaires d’une admission provisoire.

Large participation

Parmi  la vingtaine de participants figuraient des représentants du Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme, du Service de la population, du Service de l’emploi, du Service de la prévoyance et des assurances sociales, du Centre social d’intégration des réfugiés, du Bureau lausannois des immigrés, de l’Université de Neuchâtel, de l’Idheap et, bien sûr, de l’EVAM.

L’EVAM se préoccupe depuis longtemps de l’intégration des demandeurs d’asile. Il a même développé dès 2006 un concept de prise en charge et d’accompagnement des personnes afin de favoriser leur prise d’emploi. C’est ce dispositif qui a servi de base au développement important, depuis 2008, des mesures d’intégration en faveur des admis provisoires.

La matinée fut consacrée à des exposés et l’après-midi aux échanges et à la réflexion.

Dans l’ensemble, le dispositif de l’EVAM est apprécié et efficace, bien qu’il puisse être amélioré. Des différents suivis proposés, le suivi personnalisé, les formations et les programmes d’occupation sont généralement bien notés, alors que les modules de socialisation donnés en 2008 en « rattrapage » pour les livrets F n’ayant pas suivi les phases accueil et socialisation n’ont convaincu ni les participants, ni les évaluateurs.

Aide aux employeurs

Un moment très apprécié fut celui où le professeur Bonoli a présenté les bonnes pratiques en matière d’insertion professionnelle. Où l’on voit que les mesures les plus efficaces sont les aides aux employeurs pour l’insertion de profils particulièrement peu favorisés et… les sanctions ; alors que les moins efficaces sont les reconstitutions de droit au chômage par des emplois subventionnés et les emplois subventionnés eux-mêmes. Mais l’enseignement à retenir des expériences évaluées dans de nombreux pays est certainement l’effet toujours limité de n’importe laquelle des mesures : dans les évaluations par comparaison entre un groupe bénéficiant de mesures et un groupe test n’en bénéficiant pas, les différences sont la plupart du temps limitées, de l’ordre de quelques pourcents. Cependant, le coût de l’échec est tel que cette différence positive, même maigre, est économiquement efficace.

Des échanges de l’après-midi, on retiendra l’absolue nécessité de collaborer entre les acteurs actifs dans l’assistance et dans l’intégration professionnelle, tous publics confondus. Les solutions simples, en effet, n’existent pas, et ce n’est que par apprentissage mutuel, échanges d’expériences, ouverture, que l’on peu progresser. Les effets sont le plus souvent si peu spectaculaires que chaque possibilité d’amélioration, aussi minime soit-elle, doit être exploitée.

Délai plus court pour les autorisations

Si aucune solution miracle n’est sortie des discussions de l’après-midi, plusieurs pistes ont été lancées et des collaborations nouvelles esquissées. Un raccourcissement des délais d’autorisation de prise d’emploi devrait tout bientôt être observé – un frein que l’EVAM relève depuis longtemps. De notre côté, d’autres pistes seront explorées afin de ne laisser de côté aucune occasion de nous améliorer.

Au final, on relèvera cette capacité de l’établissement à se remettre en question par l’organisation même de ce colloque, où nous avons accepté de mettre notre pratique sous la loupe des experts et des partenaires. Un exercice salutaire et nécessaire si nous voulons améliorer nos prestations.


Auteur-e: Pierre Imhof
Date: mercredi, 17 février 2010
Catégorie: Intégration , Partenaires, Encadrement, Emploi, Formation, Occupation