Terrain de recherche pour les universités, l'EVAM ouvre ses portes
Les études académiques sur la migration se multiplient. Régulièrement sollicité par des chercheurs, l'EVAM favorise ces échanges avec les requérants d’asile et les travailleurs sociaux.
Le 24 avril 2010, lors de la journée Cité et Intégration organisée par la Ville d’Yverdon, une conférence sur les enjeux de la migration était donnée par une chercheuse de l’université de Neuchâtel qui connaît bien l’EVAM : Denise Efionayi-Mäder a déjà participé à deux travaux touchant à l’établissement, exemples parmi de nombreux autres des rapports de plus en plus fréquents entre l’EVAM et les milieux de la recherche.
Mme Efionayi-Mäder a notamment participé à la publication du rapport "Avenir de l'asile, destins de débouté-e-s" publié en novembre 2009 par la Professeure Margarita Sanchez-Mazas de l’Université de Genève. Cette recherche sur les conséquences de la suppression de l’aide sociale à certaines catégories de migrants a porté sur Genève, Zurich, Berne et le canton de Vaud. Dans ce dernier, la contribution active d’une responsable de secteur de l’EVAM a été déterminante. L’équipe du Prof. Sanchez-Mazas a pu s’entretenir à volonté avec des migrants bénéficiant de l’aide d’urgence et avec des collaborateurs de l’établissement.
Ce n’est pas la première fois que des étrangers en situation irrégulière assistés par l’EVAM intéressaient le monde universitaire. A titre d’exemple, un mémoire de licence en sciences sociales avait été présenté à la session de printemps 2008 par l’étudiante Maëlle Skjellaug sur les conditions de vie et la santé des personnes faisant l’objet d’une non-entrée en matière (NEM) dans le canton de Vaud.
Un autre rapport plus récent concernant l’EVAM a été réalisé Mme Efionayi-Mäder, celui commandé par le Bureau cantonal d’intégration des étrangers et de prévention du racisme (BCI) sur les mesures d’intégration mises en place pour les personnes au bénéfice d’une admission provisoire, recherche déjà mentionnée dans un précédent article.
De Crissier à Vevey…
Tout récemment aussi, les étudiants en troisième année d’ethnologie à l’Université de Neuchâtel se sont vu donner, comme exercice du cours de "méthodes", une thématique commune portant sur les vécus, les représentations et les pratiques autour de la procédure d'asile dans le canton de Vaud.
Marion Fresia, Professeure assistante à l’Institut d'ethnologie, explique : "Dans le cadre de ce séminaire, nous encourageons nos étudiants à prendre pour objet d'étude des problématiques placées au cœur d'enjeux sociopolitiques contemporains. L'objectif général est de permettre aux étudiants de faire l'apprentissage de méthodes d'enquête de terrain propres à l'anthropologie par un exercice empirique concret, d'apprendre à interpréter des données et construire une problématique."
Trois groupes d’étudiants neuchâtelois se sont ainsi adressés à l’EVAM et mènent actuellement leur recherche sur différents sites de l’établissement : une première équipe s’intéresse à la problématique des mineurs non-accompagnés, une deuxième étudie les relations entre le personnel de l’établissement et les migrants hébergés au foyer d’accueil et de socialisation de Crissier. Quant au troisième groupe, il conduit des entretiens avec les personnes à l’aide d’urgence au foyer EVAM de Vevey.
… jusqu’aux hauteurs de Ste-Croix
Enfin une autre expérience a été réalisée tout récemment à Ste-Croix par une classe de sociologie politique de l’Université de Lausanne: du 1er au 5 mars 2010, treize étudiants au niveau Master, accompagnés de trois assistants et trois professeurs, ont fait une immersion d’une semaine dans un autre foyer d’accueil et socialisation de l’EVAM.
Selon le Professeur Bernard Voutat, "l’atelier pratique visait à initier les étudiants à la conduite d'une enquête de terrain : conception initiale et préparation de l'enquête, réalisation de l'enquête avec présence sur le terrain, mise en œuvre des techniques d'enquête (observation ethnographique et entretiens), analyse des données d'enquête et rédaction d'un rapport d'enquête."
Les observations ethnographiques ont porté sur plusieurs sujets : les bénévoles engagés dans l’aide aux migrants, les personnes impliquées dans l'environnement direct du foyer (autorités police, commerçants), le personnel social et infirmier, les enseignants de français et les requérants hébergés.
"La semaine à Ste-Croix s'est excellemment déroulée, relève le Prof. Voutat : nous avons eu un très large accès au foyer et pu bénéficier d'un excellent et chaleureux accueil de toutes les personnes y travaillant. Nous prévoyons d'organiser un retour sur place, si possible au début de l'été".
L’EVAM se félicite de ces liens de plus en plus étroits avec les milieux universitaires, en phase avec ses valeurs d’ouverture et de responsabilité. L’établissement voit dans ces contacts l’occasion de jeter des ponts entre les demandeurs d’asile et la société suisse. Il espère également intéresser de futurs universitaires diplômés aux emplois dans le domaine de l’aide aux migrants.
Auteur-e: EME
Date: jeudi, 29 avril 2010
Catégorie: Accueil et socialisation, Aide d'urgence, Intégration , Partenaires