Hébergement de requérants à  l’abri PC de Nyon : les leçons du passé

Le projet d’ouvrir l’abri de Nyon le 16 février 2009 a été mené en un temps record pour faire face à  l’afflux de demandeurs d’asile. L’expérience acquise au cours des dernières années été déterminante pour éviter les erreurs.

Les premières semaines d’exploitation de l’abri de la Protection civile à  Nyon se sont déroulées sans accroc. Malgré et la rapidité de la mise en Å“uvre et la difficulté évidente pour les requérants d’asile de vivre en sous-sol, l’emménagement et la cohabitation d’une centaine d’hommes n’ont pas connu à  ce jour de problèmes majeurs qui auraient pu être liés à  une mauvaise organisation résultant en de possibles incivilités.

Ce bon début s’explique par l’attention extrême qui a été portée au projet dans ses moindres détails, grâce aux enseignements tirés des années 1999-2000 et 2002-2004, au cours desquelles 14 abris PC en tout ont été gérés par la FAREAS, ancêtre de l’EVAM, et depuis 2005 à  travers la mise en place de l’aide d’urgence dans le canton.

Quelques-unes de ces leçons peuvent être esquissées ici :

  • Importance de la coordination initiale et de la bonne communication avec les autorités locales et les autres partenaires (bénévoles, police, services publics)
  • Information au public disponible avant l’ouverture de l’abri
  • Choix d'une grande localité accueillant peu de requérants et localisation de l’abri loin des écoles mais proche des transports publics, afin d’éviter les réactions possibles de rejet de la part de la population locale
  • Coordination inter-métiers à  l’interne de l’EVAM effectuée en amont pour la bonne délivrance des prestations (hébergement, encadrement, assistance)
  • Ouverture de l’abri 24h sur 24 pour un meilleur confort des bénéficiaires, avec la présence en continu de surveillants chargés d’assurer le respect du règlement de maison ; par le passé, certains abris fermaient en journée, mettant à  la rue dès 7 heures du matin l’ensemble des résidents…
  • Limitation du nombre de personnes par chambre afin d’éviter la surpopulation
  • Mise à  disposition d’un matelas plus confortable que celui des abris, ainsi que d’une armoire avec clef, lampe de poche et boules Quiès à  chaque résident
  • Création de deux espaces de détente avec TV dans l’abri et d’une structure de jour à  l’extérieur, encadrée par des animateurs et des bénévoles, pour éviter le désÅ“uvrement des requérants
  • Repas copieux, variés et à  choix, adaptés aux goûts des bénéficiaires, servis par un traiteur local réactif ; boissons disponibles toute la journée ; installation de frigos et micro-ondes en libre accès
  • Présence dans l’abri d’une infirmerie gérée par la Policlinique médicale universitaire (PMU)
  • Informations données aux nouveaux arrivants par l’intendant et l’assistante sociale sur le fonctionnement de l’abri et la situation administrative liée à  la procédure « Dublin »
  • Mise à  disposition dans l’abri de machines à  laver, sèche-linge, planche et fer à  repasser
  • Amélioration continue en fonction des besoins constatés : des bancs ont ainsi été installés à  l’extérieur de l’abri pour permettre aux résidents de prendre l’air ; deux terrains de foot publics ont été mis à  disposition par la commune, ainsi qu’une salle de sport le dimanche ; les horaires des repas ont été adaptés pour tenir compte du rythme des bénéficiaires ; le paiement des nettoyages est passé d’un rythme mensuel à  un rythme hebdomadaire ; la structure de jour bénéficie de livraison de petites collations par l’association Tables suisses
  • En plus de la tenue d’un vestiaire déjà  en place à  la structure de jour, les bénévoles prévoient de mettre rapidement en Å“uvre une très grande palette d’activités : cours de français, ateliers de peinture, organisation de discussions, lotos, tournois sportifs, invitations dans des familles locales, prestations d’écrivain public et de voiturage

Il est enfin à  relever que la mise en place de l’abri a été réalisée en moins de 6 semaines à  partir de la décision d’ouvrir cette structure. Il a fallu concevoir et rédiger le concept global, commander et recevoir le matériel et les meubles, aménager l’abri en effectuant plusieurs travaux électriques et de menuiserie, trouver une solution pour la délivrance des repas, engager du personnel, assurer la coordination et la communication avec les partenaires, tout en continuant de fonctionner au jour le jour pour héberger, encadrer et assister quelque 4500 requérants d’asile et autres catégories d’étrangers dans le canton.


Auteur-e: EME
Date: vendredi, 06 mars 2009
Catégorie: Hébergement, Encadrement, Organisation, Partenaires, Secteur Nord et Ouest, Sites