Des parlementaires vaudois visitent les structures de l'EVAM

Cinq députés au Grand Conseil et un conseiller national ont fait une tournée de plusieurs sites pendant une journée complète mardi 21 octobre 2008.

Invités à  venir découvrir les prestations de l'EVAM pendant la relâche des vacances scolaires au Grand Conseil, six parlementaires vaudois ont répondu à  l'appel.

Les députés socialistes Mireille Aubert, Nicolas Rochat et Roger Saugy, la députée écologiste Sandrine Bavaud, le député UDC François Brelaz ainsi que le conseiller national socialiste Eric Voruz, ont passé toute ou partie de la journée à  visiter les structures de l'EVAM dans la région lausannoise en compagnie du directeur Pierre Imhof.

La tournée a commencé par le foyer de socialiation de Crissier, où sont logés les requérants d'asile en début de procédure. Là , les députés ont pu découvrir les conditons d'hébergement collectif, puis le travail du programme d'occupation bâtiment, occupé à  rénover deux étages de l'un des trois bâtiments abritant en tout 300 personnes. Les visiteurs ont ensuite pu découvrir le contenu de l'un des dix modules de sensibilisation, présentations qui sont faites aux demandeurs d'asile pendant les six premiers mois dans le canton pour les informer des us et coutumes en Suisse, de leurs droits et devoirs ainsi que des prestations disponibles pour les aider à  atteindre l'autonomie.

La visite a continué au centre de formation de l'EVAM, où les parlementaires ont passé un moment dans les classes de français et de culture générale en compagnie des élèves adultes de toutes nationalités. C'est également sur ce site situé à  Ecublens que les députés ont pris le repas de midi, préparé par le programme d'occupation cuisine et identique à  celui que consomment les élèves du centre de formation, les mineurs non-accompagnés ainsi que les célibataires hébergés dans les centres d'aide d'urgence de Vennes et de Vevey.

Le centre d'aide d'urgence de Vennes était la prochaine destination du groupe de visiteurs. Ils y ont passé une heure en compagnie de la responsable du site, posant beaucoup de questions sur les conditions de cette assistance en nature réservée aux requérants d'asile déboutés ou frappés de non-entrée en matière. Le groupe a ainsi pu découvrir certaines améliorations apportées sur le site, notamment à  la suite d'interventions parlementaires ou de mobilisations des milieux bénévoles. Par exemple, les clés ont été réintroduites dans le centre, permettant aux personnes hébergées de fermer la porte de leur chambre pendant la nuit.

Les députés ont ensuite pris la direction de Renens pour y découvrir le fonctionnement d'une antenne administrative, où doivent se rendre chaque mois les personnes assistées en phase séjour. Il s'agit de requérants d'asile en procédure ou ayant obtenu une admission provisoire, qui sont sortis des phases accueil et socialisation et qui sont généralement logés en appartement. C'est à  l'antenne que doivent se signer les commandes d'assistance financière (CAF), destinées à  assurer le respect du principe de subsidiarité, l'EVAM étant appelé à  aider les demandeurs d'asile en dernière instance seulement. La CAF permet de contrôler s'il existe un emploi rémunéré ou des parents proches pouvant assumer l'entretien du requérant, ou si des démarches ont été entreprises envers d'autres institutions sociales. A l'antenne administrative également, les demandeurs d'asile peuvent rencontrer leur assistant social en cas de besoin particulier de soutien dans différents types de problématiques.

La dernière partie de la journée a été consacrée à  la découverte des prestations d'aide à  la recherche d'emploi. Une cellule d'orientation rencontre les requérants d'asile et les personnes admises à  titre provisoire pour les diriger vers les prestations les plus appropriées - formations, programmes d'occupation ou aide à  la recherche d'emploi. Cette dernière prestation est délivrée sous forme d'un suivi individuel et de cours et ateliers de développement de savoir-faire pour l'emploi. Apprendre à  mettre en valeur ses compétences, rédiger un CV, se présenter à  un entretien d'embauche sont quelques-uns des aspects abordés. Environ 4 personnes sur 10 trouvent un travail après avoir suivi ce cursus. Les obstacles qui se dressent sur la route de l'autonomisation financière des demandeurs d'asile ont été expliqués aux députés: statut administratif précaire, lenteur de la procédure d'autorisation de travailler, insuffisance des connaissances linguistiques, absence de reconnaissance des formations suivies dans le pays d'orgine, traumatismes, marginalisation, situations familiales complexes.

En toute fin de journée, le conseiller d'Etat en charge du dossier de l'asile, Philippe Leuba, a fait un saut pour saluer le groupe de visiteurs.


Auteur-e: EME
Date: vendredi, 24 octobre 2008
Catégorie: Aide d'urgence, Assistance, Encadrement, Hébergement, Phase accueil, Phase séjour, Phase socialisation, Secteur Lausanne